Environnement

Jaïr Bolsonaro : Le nouveau président qui menace l’environnement

Au sommaire
  1. Comment le « Trump des tropiques » est-il passé favori ?
  2. Une explosion de la déforestation en prévision
  3. "S’il est élu, ce sera le début de la fin pour l’Amazonie."
Temps de lecture moyen : 4 min

En octobre dernier, le candidat d’extrême droite brésilien a été élu président avec 55,1% des voix. Jaïr Bolsonaro, ancien capitaine de l’armée, nostalgique de la dictature militaire et considéré fasciste, dirigera le pays à partir du 1er janvier 2019. Malgré tout, son programme très vague annonce des changements inquiétants concernant l’environnement.

 

 

Comment le « Trump des tropiques » est-il passé favori ?

On en vient à se demander comment le candidat du parti libéral a réussi à convaincre le pays… Surtout avec un programme critiqué dans le monde entier, de par son manque de précision

Tout d’abord, le Brésil est récemment passé dans le classement des 10 pays les plus violents au monde. En effet, l’année 2017 a été marquée par un nombre record de 63 880 homicides, ce qui représente une moyenne de sept morts par heure. Pour protéger sa nation, Jaïr Bolsonaro promet la légalisation du port d’armes à feu permettant à chacun de se défendre. Il donnerait également « carte blanche » aux policiers et militaires afin d’abattre tout criminel présumé.

De plus, le pays a été plusieurs fois victime de corruption politique ces derniers temps, éloignant la plupart des partis traditionnels de la victoire.

En se présentant comme fervent catholique et militaire, Jaïr Bolsonaro se repose sur deux énormes piliers de la culture brésilienne : les Églises et l’Armée.

Enfin, depuis 2011, le pays n’arrive pas à sortir de la crise économique. Entre la privatisation de nombreuses entreprises publiques et la suppression des droits des travailleurs, le candidat d’extrême droite est bien décidé à relancer activement le secteur de l’agroalimentaire, quitte à en faire pâtir la planète.

 

Une explosion de la déforestation en prévision

De nombreuses ONG dont GreenPeace et WWF sont très inquiétées par le futur président. Elles pensent qu’il représente une grave menace pour l’environnement. Jaïr Bolsonaro a toujours méprisé ouvertement l’écologie; c’est donc sans surprise qu’il fera tout pour favoriser l’agrobusiness au détriment de la faune et de la flore brésilienne. Il a d’abord pour projet de supprimer le ministère de l’environnement afin de le rattacher à celui de l’agriculture. Il confierait le poste de direction à une personne issue de l’agrobusiness, secteur militant pour l’augmentation des surfaces agricoles.

Si ces entreprises sont libres de déforester à la hauteur des exigences économiques, nous pourrions nous retrouver face à une destruction massive de la forêt amazonienne. Il prend la défense des intérêts des propriétaires, clamant que les agences environnementales sont nuisibles aux producteurs. Toutes les organisations qui défendent la cause écologique tel que l’Institut brésilien de l’environnement et des ressources naturelles renouvelables (IBAMA), qui délivre notamment les permis miniers et forestiers, risquent de perdre tout contrôle.

 

 

Jaïr Bolsonaro considère également les réserves indigènes comme un frein économique et ne compte pas laisser un centimètre carré aux Indiens. Ces réserves représentent 13% du territoire et sont une des meilleures protections contre la déforestation, en grande partie grâce aux droits de la population autochtone. Le président voudrait permettre aux industriels, notamment du secteur minier, d’exploiter la forêt amazonienne. Il est également prévu de reprendre des études concernant la constructions de centrales hydroélectriques et donc de barrages en Amazonie. Ce genre de construction pourrait avoir un impact très important sur les cours d’eau et sur le déplacement de populations. Le candidat a même menacé de quitter l’Accord de Paris si on lui parlait d’indépendance des indigènes ou du Corridor Triple A, un projet de couloir écologique transnational visant à relier les Andes, l’Amazonie et l’Atlantique.

 

 

“S’il est élu, ce sera le début de la fin pour l’Amazonie.”

C’était la mise en garde de son adversaire au second tour, Fernando Haddad, candidat du parti des travailleurs. Le Brésil abrite 60% de la forêt amazonienne, considérée comme le plus important réservoir des espèces. Le « poumon de la planète » est une de nos meilleures défenses contre le réchauffement climatique. À elle seule, elle absorbe 14% du CO2 atmosphérique. Et pourtant, en dix ans elle a été rétrécie de 500 000 km², soit la superficie de la France. Ses nappes phréatiques et sa couverture végétale font de l’Amazonie une des principales réserves d’eau douce au monde. Sa destruction pourrait conduire à d’importantes période de sécheresse et une hausse des températures considérable sur le continent sud-américain.

Ces quinze dernières années, le pays a pourtant été un bon exemple écologique. Ses émissions de gaz à effet de serre ont été réduites de moitié et des lois pour la protection de la biodiversité ont été mises en place. Jaïr Bolsonaro pourrait réduire à néant des décennies d’avancées en matière de protection de l’environnement, et malheureusement, ce retour en arrière semble le réjouir.

Rédactrice Environnement
Etudiante en Audiovisuel et Multimédia.
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