Photographie

Photographier un orage ?

Au sommaire
  1. I. Les précautions à prendre
  2. II. Le matériel
  3. III. Suivre la météo
  4. IV. Photographier de jour
  5. V. Photographier de nuit
  6. VI. Autres accessoires
Temps de lecture moyen : 5 min

La chaleur écrasante se fais ressentir depuis plusieurs jours, jusqu’à ce qu’une masse d’air froide croise la route d’une masse d’air chaude. Le cocktail explosif commence à se préparer : une formation nuageuse en forme d’enclume commence à s’élever dans le ciel. Une chute soudaine de température se fais ressentir, l’orage commence à gronder au loin ! Vous vous dite : « Celui-là je vais le photographier ! Mais comment faire… » Pas de panique, je vais vous partager mon expérience de chasseur d’orage !

Vous devrez par contre vous armer de patience : il est impossible de prévoir à l’avance où va frapper la foudre. Avant de commencer, repérez la zone où la foudre a le plus de chance de tomber. C’est donc comme à la pêche !

I. Les précautions à prendre

  • Le premier prérequis est une voiture. Celle-ci agit comme la cage de Faraday. En cas d’impact de la foudre sur vous, l’électricité glissera le long de la carrosserie sans entrer à l’intérieur.
  • Garder ses distances avec la cellule orageuse; la foudre peut aller jusqu’à 40km hors de la structure nuageuse.
  • Éviter tout objets métallique.
  • Privilégier une zone dégagée et éloignée des lignes à haute tension, des arbres, des bâtiments, etc.
  • Placez-vous dans des zones n’étant pas soumises à des crues soudaines.
  • Ne pas y aller seul.

II. Le matériel

  • Voiture
  • Appareil photo avec un mode manuel
  • Boitier et optique tropicalisé (optionnel)
  • Pare-soleil
  • Télécommande avec intervallomètre (optionnel)
  • Cellule de détection (optionnel)
  • Trépied robuste et assez lourd
  • Smartphone ou ordinateur portable

III. Suivre la météo

Pour anticiper, il est logique de s’informer du bulletin météo. Je consulte principalement Météo France pour me tenir informé des prévisions. Le problème est que je trouve les prévision de Météo France peu fiables; j’ai ainsi pris l’habitude de croiser les prévisions avec un site beaucoup plus orienté sur ce genre de phénomène météorologique. Je passe donc par Keraunos, qui permet d’avoir plus de précisions sur les risques d’orages, les fortes averses de pluie et de grêle ainsi que les risques de phénomène tornadique.

Une fois ces deux sites consultés, j’utilise un troisième site qui, lui, permet de suivre en temps réel le déplacement d’un orage. La carte affiche uniquement les impacts. Si un orage ne produit que des éclaires intranuageux, aucune chance de voir l’orage apparaitre sur le capteur. Ce site s’appelle Météo Ciel.

Voilà, vous êtes fin prêt pour repérer et suivre votre premier orage !

IV. Photographier de jour

La photographie de jour est la manière la plus complexe de photographier un orage. La lumière du soleil vous obligera à prendre une vitesse d’obturation trop rapide pour effectuer une pose longue. Dans ce genre de circonstances, fermez le diaphragme à son maximum pour faire entrer le moins de lumière possible. De plus, mettez la sensibilité ISO la plus basse possible et photographiez en rafale. Pour réussir votre mise au point, placez-vous à l’infini et désactivez la mise au point automatique depuis les menus ou le sélecteur placé sur le fût de votre optique.

L’astuce du filtre ND est à bannir. Il est tentent de l’utiliser en plein jour pour effectuer de la pose longue. Or, un filtre ND bloque trop de lumière et viendra gommer les ramifications des branches de l’éclair. J’ai, à mes débuts, réalisé cette erreur…

Une cellule de détection peut vite devenir votre allié, surtout le jour. C’est un petit boitier que vous installez sur la griffe flache de votre appareil photo et que vous connectez avec un câble sur la prise accessoire de votre boitier. Cette cellule va, à la moindre variation lumineuse de la foudre, déclencher votre appareil photo. Cet accessoire se trouve facilement, pour environ une centaine d’euros.

 

Voici une cellule de détection

Nikon D5300 + Nikkor 18-55mm VRII f/3.5-6.6 | 0.5s – ISO100 – f/13 – 18mm | Filtre ND à densité variable utilisé

Structure nuageuse d’une cellule orageuse

Le ciel toujours menaçant 3H après le passage d’un violant orage

V. Photographier de nuit

La photographie d’orage de nuit se trouve grandement simplifiée. Vous pourrez utiliser la pose longue, ce qui vous permettra de photographier l’éclair avec plus de facilité. Qui dit pose longue dit utilisation du trépied ! Un trépied assez lourd est recommandé, pour éviter que le boîtier ne s’agite au moindre coup de vent. Je vous conseil l’utilisation de l’intervallomètre pour programmer un enchaînement de prise de vue pour élimer toute vibration produite à chaque fois que vous déclenchez l’appareil avec votre doigt. Je vous conseille aussi fortement d’activer le retardateur avant la première prise de vue pour éviter toutes vibration de manipulation. Sur les boitiers Nikon, cette fonctionnalité est intégrée dans les menus. Par contre, chez Canon, cette fonctionnalité était absente aux dernières nouvelles. L’utilisation d’une télécommande est fortement recommandée. Pensez à caler la télécommande pour éviter que le vent ne la fasse se balader et qu’elle entraîne le boitier avec elle…

Le réglage qui fonctionne constamment pour moi est l’appareil en manuel avec une vitesse de 30s, ISO 100 et f/8.

Nikon D750 + Nikkor 50mm f/1.4G | 30s – ISO 100 -f/8

 

Nikon D750 + Nikkor 50mm f/1.4G | 30s – ISO 400 -f/8

 

Nikon D750 + Nikkor 50mm f/1.4G | 30s – ISO 100 -f/8

 

Nikon D750 + Nikkor 50mm f/1.4G | 30s – ISO 100 -f/8

VI. Autres accessoires

En cas d’averses, je vous conseil l’utilisation du pare-soleil. Vous vous demandez probablement pourquoi un pare-soleil serait utile sous la pluie. Simplement, celui-ci permet de protéger le matériel (et surtout l’avant de la lentille) de la moindre goutte d’eau.

Un smartphone ou un ordinateur portable peuvent être indispensables pour suivre en temps réel la progression de la cellule orageuse et peuvent même vous permettre d’anticiper sa progression.

Jeune photographe professionnel de mariages, portraits, couples et grossesses. Vidéaste à ses heures perdus, ainsi que gameur PC
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2 commentaires sur “Photographier un orage ?

  1. Scotis dit :

    Le coup du pare-soleil anti-goutte … J’utilise encore un sac poubelle, pas esthétique, mais les systèmes D quand le boitier est pas tropicalisé c’est la vie. J’retiendrais !

    1. Alexandre.T dit :

      Ah ah! Pour ma pars mon Ancien Nikon D5300 est pas tropicalisé et il a connu quelques grosses averses sans protection anti-pluie ^^ il fonctionne encore 🙂

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